Crash du vol air Algérie AH5017 : 12 ans après,le procès s’ouvre à Paris

Douze ans après le crash du vol Air Algérie AH5017, la justice française se penche enfin sur ce drame aérien qui avait coûté la vie à 116 personnes. Le procès pour « homicides involontaires » s’ouvre ce lundi 9 mars 2026 devant le Tribunal correctionnel de Paris, un moment très attendu par les familles des victimes.
Dans la nuit du 24 juillet 2014, l’appareil de la compagnie Air Algérie, affrété par la compagnie espagnole Swiftair, avait décollé de l’aéroport international de Ouagadougou à 00h17 à destination de Paris, avec une escale prévue à Alger. À son bord se trouvaient 116 personnes de plusieurs nationalités, dont 23 Burkinabè, 54 Français, 8 Algériens, 6 Libanais, ainsi que l’équipage espagnol.
Peu après son départ, l’avion a disparu des radars avant de s’écraser dans la localité de Boulekessi, au Mali. Le crash n’a laissé aucun survivant et avait provoqué une vive émotion au Burkina Faso et à l’international, en raison de l’ampleur de la catastrophe et de la diversité des nationalités des victimes.
Au lendemain du drame, les autorités burkinabè avaient mis en place un comité de crise afin d’accompagner les familles endeuillées. Une assistance psychologique et administrative avait été proposée, tandis qu’une enquête internationale était ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident et établir les responsabilités.
Quatre ans plus tard, le 24 juillet 2018, une stèle commémorative a été inaugurée à Ouagadougou par le président du Faso d’alors, Roch Marc Christian Kaboré, en mémoire des victimes du crash. À cette occasion, plusieurs familles burkinabè avaient exprimé leur frustration face à la lenteur de la procédure judiciaire et au blocage du volet pénal du dossier.
Le rapport d’expertise remis fin décembre 2016 aux magistrats parisiens avait pourtant apporté des éléments importants sur les causes du drame. Selon les experts, l’accident aurait été provoqué par la non-activation par les pilotes du système d’anti-givre des moteurs, entraînant le givrage des capteurs et le décrochage de l’appareil. Les pilotes n’ont ensuite pas réussi à reprendre le contrôle de l’avion.
Le rapport pointe également des manquements de la compagnie en matière de formation et de suivi des pilotes. Il indique notamment que les deux membres d’équipage étaient des pilotes saisonniers ayant connu de longues périodes d’inactivité et n’ayant effectué aucune heure de vol durant les huit mois précédant l’accident.
L’ouverture de ce procès marque ainsi une étape importante pour les familles des victimes, qui espèrent que la justice permettra enfin de faire toute la lumière sur les circonstances du drame et de situer les responsabilités dans cette catastrophe aérienne.
Saïbata GUIRO



