Tension autour d’un pylône à Bassinko : le ministère des communications électroniques privilégie le dialogue

Le Ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a tenu, ce lundi 23 février 2026, une rencontre de concertation avec les parties prenantes du quartier Bassinko, dans l’arrondissement 8 de Ouagadougou, à la suite des préoccupations soulevées autour de l’implantation d’un pylône de téléphonie mobile.
La réunion était présidée par le Secrétaire général du ministère, Borlli Michel SOME, assisté du Directeur de cabinet Abdoulaye MAMBONE. Elle a également connu la participation du président de l’ARCEP Burkina Faso, du Secrétaire exécutif de l’ARSN Burkina Faso ainsi que des Directeurs généraux des opérateurs de téléphonie mobile.
Des inquiétudes sanitaires et un besoin de connectivité
Au cours des échanges, plusieurs riverains opposés au projet ont exprimé leurs craintes, notamment en ce qui concerne les risques sanitaires liés aux rayonnements électromagnétiques. Certains ont également évoqué un déficit d’information préalable et suggéré une délocalisation du site.
À l’inverse, d’autres habitants se sont prononcés en faveur de l’implantation du pylône, mettant en avant les insuffisances actuelles de couverture réseau dans la zone et les difficultés quotidiennes liées à une connectivité limitée.
Le ministère a pris acte de ces positions divergentes, réaffirmant que le droit à l’information, la protection sanitaire et le développement numérique ne sont pas antagonistes, mais complémentaires.

Un encadrement réglementaire strict
Les autorités techniques ont apporté des précisions pour dissiper les inquiétudes. Selon elles, toutes les infrastructures de télécommunications sont strictement encadrées par l’État. Un décret adopté en 2023 fixe les seuils nationaux de rayonnements non ionisants, avec un seuil réglementaire autorisé établi à 6.
D’après les données communiquées, les mesures effectuées sur les installations existantes au Burkina Faso affichent généralement des niveaux autour de 3, soit bien en deçà du seuil maximal autorisé. Les responsables ont assuré qu’aucun pylône implanté sur le territoire national n’a atteint un niveau présentant un risque pour la santé publique.
Ils ont par ailleurs indiqué que si un danger avéré était établi, les autorités n’hésiteraient pas à suspendre ou interdire toute installation concernée.
Une dynamique nationale de transformation digitale
L’extension des infrastructures de télécommunications s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de transformation digitale et d’inclusion numérique. À travers le programme de couverture des zones blanches, 750 localités rurales devraient bénéficier d’une amélioration significative de la connectivité.
Selon le ministère, le choix des sites d’implantation repose sur des critères techniques rigoureux visant à garantir une couverture optimale et équilibrée.
Le développement des infrastructures numériques est présenté comme un levier stratégique pour l’accès aux services publics en ligne, le développement économique local, l’éducation et la santé connectées, ainsi que la sécurité et les communications d’urgence.

Le dialogue comme méthode
À l’issue de la rencontre, les autorités ont insisté sur la nécessité de privilégier l’écoute et la transparence afin d’apaiser les tensions et restaurer la confiance. Les travaux d’implantation du pylône à Bassinko devraient reprendre dès le mois de mars.
Pour le Secrétaire général du ministère, cette concertation illustre une gouvernance fondée sur le dialogue : il n’y a « ni vainqueur ni vaincu », mais un objectif commun d’intérêt général.
À travers cette démarche, l’État réaffirme son rôle de régulateur du secteur et de garant d’un équilibre entre protection sanitaire des populations et progrès numérique du pays.
Saïbata GUIRO



