ONEA : la phase pré-pilote des compteurs prépayés a été approuvée

L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) veut transformer son mode de gestion de l’eau potable. Le ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, Roger BARO a présenté les résultats de la phase pré-pilote du projet de compteurs à prépaiement auprès de la Commission du développement durable de l’Assemblée législative de transition ce mercredi 03 décembre 2025. Il a aussi a défendu une réforme qu’il qualifie de « levier majeur » pour moderniser le service public.
L’expérimentation a été lancée depuis août 2024 à Ouagadougou sur une centaine de compteurs. Il affiche des résultats jugés encourageants. Aucun impayé n’a été enregistré depuis le démarrage, réduisant les litiges liés à la facturation et facilitant le recouvrement. Les utilisateurs vont aussi bénéficier d’un affichage instantané de leur consommation et d’une meilleure détection des fuites.

Le gouvernement prévoit de passer à une phase pilote élargi dès le premier semestre 2026, avec l’installation de 10 000 nouveaux compteurs. Ce déploiement est estimé à 2,2 milliards F CFA et il sera financé sur des ressources propres de l’ONEA. À plus long terme, l’État veut généraliser le dispositif à travers un partenariat public-privé, avec un coût du compteur amorti sur dix ans via un mécanisme de péréquation.
Cette stratégie ciblera d’abord les zones difficiles, marquées par les impayés, les fraudes et de faibles rendements du réseau. Le ministre Roger BARO estime que le prépaiement permettra de sécuriser les ressources financières, réduire les tensions sociales liées aux factures et créer des opportunités économiques, notamment grâce à l’éventuelle installation d’une unité locale de montage.
Le projet s’inscrit dans l’initiative présidentielle « Bataille de l’Eau », qui vise à étendre l’accès à l’eau potable à plus de 13 millions de personnes et les services d’assainissement à 20 millions de citoyens d’ici 2030. Il s’agit, selon le gouvernement, d’un enjeu de souveraineté hydrique et de transition environnementale.
À l’issue de la présentation, la commission parlementaire a recommandé d’intensifier la communication publique sur la réforme afin de rassurer les populations et de définir un plan d’actions pour son déploiement national.
Latifatou COMPAORE



